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Pictures by Solene Ballesta

Coat : Banana Republic (from a couple of years ago) / lingerie set : Mirabilia Lingerie / Fan : Duvelleroy

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Lingerie set : Wacoal

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From Paris with Love,

Louise

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Pictures by Pauline Darley

The art of perfumery is one of the most precious jewels of the french heritage; ever since it appeared under its distillated form during the Renaissance, it has been shining in gold letters all around the world. And it is the court of Versailles that originated this global influence. If the Sun King ended up hating violent perfumes to the point that he once banished his favorite, the marquise of Montspan, from travelling in the royal carriage, his sucessor Louis the XVth was on the contrary a grand lover of perfumes. During his reign, Versailles was even nicknamed the «perfumed court», and it is under this specific era that Patrick Süskind’s famous sensorial novel, The Perfume, is set. Perfumery had indeed went through very importants developements during the XVIIIth century, and artisans had learned oh to capture the essence of fragile materials, or how to create compositions made with several notes. Nobility became a massive client for perfumes, but let’s not forget that they were also at the time compensating for their lack of hygiene! It is thus to this golden age of french perfumery that the exclusive niche brand Parfum de Marly pays tribute. It’s name and its logo are directly attached to this page of history, as it is a reference to Louis the Xvth’s favourite horses, whose sculptures were welcoming visitors in the castle of Marly, that was considered the second Versailles.

L’art de la parfumerie est une des perles rares de notre patrimoine français; depuis son apparition sous forme distillée à la Renaissance, il brille en lettres d’or dans le monde entier. Et de ce rayonnement, c’est la cour de Versailles qui en est à l’origine. Si le Roi Soleil avait finit par détester les violents parfums au point d’avoir un jour banni sa favorite, la marquise de Montespan, du carrosse royal, son successeur Louis XV en fut au contraire un grand amateur. Sous son règne, Versailles fut même surnommée la «cour parfumée», et c’est d’ailleurs à cette époque que se passe l’intrigue du célèbre roman sensoriel de Patrick Süskind, Le Parfum! Au XVIIIème siècle, la parfumerie avait en effet connu d’importants bouleversements, on apprit par exemple à extraire l’essence de matières fragiles, ou à créer des compositions en trois temps mêlant plusieurs notes. La noblesse se rua sur les parfums, mais il faut dire aussi qu’à cette époque elle avait beaucoup à compenser en matière d’hygiène corporelle ! C’est donc à cet âge d’or de la parfumerie française que rend hommage la maison Parfums de Marly, dont le nom ainsi que le logo renvoient aux chevaux préférés de Louis XV, dont les représentations en marbre accueillaient les visiteurs dans le château de Marly, qui était considéré comme un second Versailles.

A thousand nuances of apricot and peach tones for Cassili, the first gourmand fragrance of the Parfums de Marly, whose name is inspired by one of Louis XVth’s famous horses who was known for its high speed. It also pays tribute to the sensuality and the extreme refinement of the marquise of Pompadour, Louis the XVth’s favorite, who was as close as you can get from being a queen.Like her, this perfume is like a breath of air, a brass of flowers whose queen would be the plumeria flower. It ss an invitation to fly away, a wild cavalcade between tradition and modernity.

Mille nuances de tons abricot et pêche autour de Cassili, la première fragrance gourmande des Parfums de Marly, dont le nom est inspiré d’un des fameux chevaux de Louis XV qui était connu pour sa vitesse. Il rend aussi hommage à la sensualité et à l’extrême raffinement de la marquise de Pompadour, la grande favorite et amie de Louis XV, qui régna presque à ses cotés sur la France. A son image, ce parfum est voulu comme étant une bouffée d’air, un bouquet de fleurs fraîches dont la fleur de frangipanier serait reine, et qui appellerait à une envolée, une folle cavalcade entre tradition et modernité.

Romantic and ethereal atmosphere for the Delina fragrance by the Parfums de Marly, which finds its inspiration in the gardens of Versailles, and its exquisite roses. Here, it is the bulgarian rose that is in the spotlight! In order to incarnate this perfume, I styled myself as one of this pastel coloured nymphs that were to be found at the time in Boucher and Fragonard’s paintings.

Atmosphère vaporeuse et éthérée pour la fragrance Délina des Parfums de Marly,qui s’inspire des jardins de Versailles et de ses fameuses roses. Ici, c’est la rose bulgare qui est à l’honneur ! Pour l’illustrer, je me suis mise dans la peau d’une de ces nymphes vêtue de couleurs tendres que l’on retrouvait à cette époque dans les tableaux de Boucher et de Fragonard.

Being both passionate by niche perfumery and the court of Versailles, you can imagine that I already knew the Parfums de Marly: how indeed could I have missed it, knowing that I am crazy for this type of refinement, that is made with both grandiose and tradition? I was even wearing the Delina fragrance for over a year, having fallen in love with its intoxicating scent and its finely ciseled bottle, that like every perfume of the brand is a pure wonder, worthdy of being exposed in Versailles! For Sedbury, their perfume composed with tuberose, jasmin but also patchouli, I wanted an epurated set up, that would honor this immaculated bottle that remind me of the white marbled statued of the gardens of Versailles.

Etant à la fois passionnée par la parfumerie de niche et la cour de Versailles, vous imaginez bien que je connaissais déjà les Parfums de Marly: comment aurais-je pu passer à coté, moi qui aime tant ce type raffinement, qui est fait à la fois de grandiose et de tradition? J’avais donc adopté le parfum Délina Exclusif depuis un an déjà, séduite par ses notes enivrantes et sa bouteilles finement ciselée, qui comme chaque fragrance de la marque est une vraie merveille, digne de Versailles d’ailleurs! Pour Sedbury, leur parfum composé de tubéreuse, de jasmin mais aussi de patchouli, j’ai voulu une mise en scène épurée, qui mette à l’honneur ce flacon immaculé, qui m’a rappelé les statues de marbre blanc des jardins de Versailles.

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From Paris with Love,

Louise

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Pictures by Pauline Darley

Rien ne fait plus plaisir qu’un joli bouquet, surtout quand il présente une telle profusion de fleurs et de couleurs, comme cette merveille créé par Pampa Paris pour la fête des mères, en collaboration avec Kenzo Parfums. Dois-je en plus préciser qu’il met à l’honneur mes deux couleurs favorites, à savoir le rose et le rouge ? Il s’agit bien sûr d’un clin d’œil au fameux coquelicot du parfum Flower by Kenzo, que j’ai porté il y a quelques années de cela, ainsi que ma mère. C’est un parfum très emblématique, ainsi que transgenerationel. Voilà pourquoi à l’occasion de la fête des mères, Kenzo Parfums s’associe à Pampa pour ce vibrant bouquet, qui est envoyé avec un coffret rouge aux couleurs de Flower, comprenant de jolies surprises, dont une miniature du parfum.

Pour chaque bouquet acheté, 25 % des bénéfices seront reversés au programme  Orange Blossom x Women,

For Kenzo Parfums x Pampa Paris

Dress : Hearts and Found / Boots: Ernest

From Paris with Love,

Louise

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Pictures by Melyne Volua

Thanks to my friend Lilith Duval for helping me with the stylism and artistic direction

Dress : Vintage / Jewels : Anna Rivka

Dress : Marilyn Feltz / Headpiece made by Lilith

Dress : hearts and found / Jewels : Anna Rivka

Dress : Asos / Headpiece : Flores Perdidas Paris

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From Paris with Love,

Louise

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Picture by Melyne Volua

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Dress : Hearts and Found / Coat : Tara Jarmon / Boots : Jonak

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From Paris with Love,

Louise

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Pictures by Juliette Guénon

« Ainsi que, sur les montagnes, les pâtres
foulent aux pieds l’hyacinthe, et la fleur
s’empourpre sur la terre.
Psappha

Le soir s’attriste encor de ses clartés éteintes.
Des rêves ont troublé l’air pâle et languissant,
Et, chantant leurs amours, les pâtres, en passant,
Écrasent lourdement les frêles hyacinthes.

L’herbe est pourpre et semblable à des champs de combats,
Sous le rouge d’un ciel aux tons de cornalines,
Et le sang de la fleur assombrit les collines.
Le soleil pitoyable agonise là-bas.

Sans goûter pleinement la paix de la campagne,
Je songe avec ferveur, et mon coeur inquiet
Porte le léger deuil et le léger regret
De la muette mort des fleurs sur la montagne. »

(Renée Vivien, Le Sang des Fleurs in Cendres et Poussières)

Top : H&M Conscious / Shoes : Maison Ernest / Bag : Chloé

Top and skirt : H&M Conscious

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Louise

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Look de Louise Ebel en Shiatzy Chen au Palais de Tokyo

Pictures by Juliette Guénon

Dress : Shiatzy Chen / Boots : Jonak / Hat : Birds & Fresia

There is something that I have been meaning to share for a long time, But I was waiting to be in the right place, and it is now the case. I have always felt that I was different, that I was a little more than a “drama queen” or an hypersensitive person. It turns out that I have Borderline Personality Disorder, which is not a bad thing per se, it just means that I feel things twice as strong and sometime twice as long that other people. Discovering this was a true revelation : this is why my emotions are so intense, and my pain related reactions extreme at times, this is why I can’t get of my permanent guilt or other people’s opinion, and this is also why I have fear of abandonment and live my life in an excessive, sometimes dangerous way. These are in fact ordinary BPD characteristics ! Being moved to tears by small gestures of kindness or not being able to “letting it go”, that’s me, and that’s MY normality !

Il y a quelque chose que je voulais partager depuis longtemps, mais j’attendais d’être vraiment bien dans ma peau et ma tête, et c’est le cas aujourd’hui. J’ai toujours eu le sentiment d’être différente, de n’être pas seulement une “drama queen” ou une hypersensible. Il se trouve que j’ai un Trouble de la Personnalité Borderline, ça n’est pas bien grave, mais ça veut dire que je ressens les choses deux fois plus fortement, et parfois deux fois plus longuement que les autres personnes. Le découvrir était une révélation : voilà pourquoi mes émotions sont si intenses, et mes réactions de douleur parfois extrêmes, voilà pourquoi j’ai du mal à me défaire de ma culpabilité permanente et du regard des autres, et voilà aussi pourquoi j’ai peur de l’abandon, et que je vis de manière excessive, “rock and roll” dira-t-on . Ce sont en fait des caractéristiques TPB classiques ! Être touchée aux larmes par de tous petits gestes de gentillesse, ou ne pas réussir à “s’en foutre”, voilà, c’est moi et c’est ma normalité !

*

I wasn’t ashamed about my finding out about my Borderline Personality Disorder, on the contrary, it allowed to get to know myself even deeper, and fully accept who I am. It’s like an antidote, because now that I have the explanation, I don’t react as strongly as I used to ! Other than this, I am proud of my difference, as there is a kind of gift that comes with BPD, this extreme sensibility being almost always associated by unique personalities, that are tortured at times, but also creative and exuberant. These people see life in their own manner, and rarely choose conventional paths. They are artists, even when they don’t create art. So it’s not a weakness for me anymore, because it’s what made me a dreamer, an idealist, a curious and polyvalent artist, that is everyday touched by all the different forms of beauty.

Découvrir mon Trouble de la Personnalité Borderline ne m’a pas stigmatisée, au contraire, cela m’a permis de pouvoir me connaître profondément, et de m’accepter en toute sérénité. C’est comme un antidote en fait, car j’ai maintenant que j’ai l’explication, je ne réagis plus intensément comme avant ! Et puis, je suis fière de ma différence, car il y a une part de don qui vient avec le TPB, cette sensibilité extrême étant toujours associée à des personnalités uniques, qui sont certes torturées par moments, mais aussi créatives et exubérantes. Des funambule des émotions, qui voient la vie autrement et suivent rarement les voies traditionnelles. Ce sont des artistes, même quand ils ne créent pas. Alors ce n’est plus pour moi une faiblesse, car c’est aussi ce qui m’a permise d’être une rêveuse, une touche à tout et une idéaliste, et d’être chaque jour bouleversée par toutes les formes de la beauté.

*

In my sentimental life, BPD was a little complicated to handle. If I was super excited to be on the cover of Mathieu Alterman’s “Femmes Fatales” book, it’s because it was a gigantic provocation, as these words have been thrown at my face countless times. Sure, I have always lived in a free, bold and independant way, “like a man” as patriarchy taught us. It’s true that women aren’t easily forgiven for what men can do freely. Nevertheless I can’t hide behind that, because my self-destructiveness hurt a lot of my loved ones, including me. And that, it’s often forgotten, even though Femmes Fatales, like Gilda, are always fragile.

Dans ma vie sentimentale, le TPB ça a été un peu compliqué à gérer. Si j’étais aussi contente de faire la couverture du livre de Mathieu Alterman, “Femmes Fatales”, c’est surtout car c’était un gigantesque pied de nez au nombre de fois où l’on m’a jeté ces mots au visage. Bien sûr, j’ai toujours voulu vivre de manière libre, osée et indépendante, “comme un homme” essaye de nous faire croire le patriarcat. Il est vrai que l’on pardonne toujours moins aux femmes ce que les hommes font librement. Je ne peux pas pour autant me cacher derrière cela, car mon autodestruction a blessé beaucoup de mes amours, et moi avec. Ça on l’oublie souvent, pourtant les femmes fatales, comme Gilda, sont toujours fragiles.

*

I am now proud of belonging to this great family of ultra-sensitive beings, and I have decided to make it my strength, and to never be embarrassed in talking about it. Who among us can really say that they are normal, and never suffered at times from light or heavy psychic troubles ? No one. So let’s talk more freely about this subject, and more importantly let’s stop the constant shaming. I see so many people around me that are suffering from this shame, and I know this feeling so well. Which is why I have decided to never belittled or cast outside because I am different, and I want all of those who read me and find themselves in these words to do the same. We should be proud, open hearted, and empathetic. My philosophy is to accept others like I want them to accept me.

Je suis désormais fière d’appartenir à cette grande famille d’ultra-sensibles, et j’ai décidé aujourd’hui d’en faire ma force, et de ne pas pas honte d’en parler. Qui parmi nous peut dire qu’il est vraiment normal, et qu’il n’a jamais souffert à un moment des problèmes psychiques graves ou légers ? Personne. Alors parlons plus librement des troubles psychologiques, et surtout cessons de montrer du doigt. Je vois tellement de personnes autour de moi qui souffrent de cette honte, et je connais si bien ce sentiment. Voilà pourquoi je n’ai plus l’intention de me laisser être rabaissée ou pointée du doigt parce que je suis différente, et j’aimerais que tous ceux qui me lisent et se reconnaissent dans ces mots en fassent autant. Soyons fiers, ouverts, empathiques et bienveillants. Ma philosophie est qu’il faut accepter les autres comme on voudrait qu’ils nous acceptent.

Look de Louise Ebel en Shiatzy Chen au Palais de Tokyo

Look de Louise Ebel en Shiatzy Chen au Palais de Tokyo

Look de Louise Ebel en Shiatzy Chen au Palais de Tokyo

Look de Louise Ebel en Shiatzy Chen au Palais de Tokyo

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Pictures by Pauline Darley

Suit : Alexis Mabille x Monoprix / Shoes : Jonak / Top : Pinko / Necklace : Corpus Christi

Inspiration

Malpertuis, 1971

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From Paris with Love,

Louise

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Pictures by Valentine Michel

Skirt : Parosh / Top : Topshop / Béret : Brothers and Sisters / Shoes Roger Vivier / Bag : Mulberry

Souvent le matin, lorsque le sommeil paradoxal est à son sommet d’activé, il m’arrive de rêver d’une époque bien définie, et dans laquelle je me retrouve tout à coup transportée comme si je voyageais à travers le temps en spectatrice omnisciente, étant à cheval entre ce passé et mon présent dont je dispose de la conscience, ainsi que de la distanciation que celle-ci implique, facultés qui me conduisent par conséquent à observer cette bulle temporelle à travers un filtre de déchirante nostalgie. Récemment dans un songe, je me suis retrouvée projetée dans ma chambre d’adolescente, le décor, les volumes en étaient les bons, mais l’ensemble des sentiments et des souvenirs que ce lieu faisait surgir dans la mémoire qui m’était à ce moment donnée était entièrement factice, ne reposant que sur l’illusion, à l’instar des émotions qui étaient provoquées par  ces résurgences. Ainsi, la joie étourdissante et naïve que je pu ressentir en me projetant de ce passé fabriqué, et la peine que l’évocation de cet âge d’or a suscitée chez moi ne sont en réalité que des créations, car au réveil ces sentiments qui étaient pourtant étourdissants de puissance s’évanouissent peu à peu comme par vagues, et lorsqu’ils se retirent, le vrai m’apparait à nouveau, débarrassé de ses ors; non, ce n’était pas l’époque bénie de ma vie, et non, ces liens, ces gens même, n’ont pas existé.

Voilà, c’est tout à fait moi, je créé le passé, je le sublime et bien que je sache qu’il soit entière duperie, je ne peux pour autant refréner le bouleversement qu’il insinue en moi. D’où la chambre adolescente, cette pièce qui a vraiment existé mais à laquelle je ne peux plus accéder, d’une part car elle ne m’appartient plus, et d’autre part car sa substance, c’est à dire les objets qui la tapissent ainsi que les habitudes qui y sont associées, restent prisonniers de cette temporalité révolue, et c’est justement cette part d’impossibilité qui domine dans ces projections récurrentes, toujours liés à la disparition d’une personne, d’un lieu, d’une époque. Faut-il les lier avec l’autre rêve qui me poursuit, à savoir celui où je cours à en perdre haleine pour échapper, non pas à une entité dangereuse, mais à une personne qui me déçoit, me blesse ou m’oppresse? Dans l’un, je m’agrippe de toutes mes forces au fugace, dans l’autre, je fuis le tangible. Nul besoin d’un diplôme de psychologie avancée pour en comprendre les significations, celle de comptoir suffira largement: je ne sais pas apprécier le présent, car je ne peux m’empêcher de me réfugier dans un passé glorifié que j’aurais presque entièrement fabriqué, et dont je refuse de considérer la mécanique des artifices. Est-ce un mal? Assurément oui, sauf si l’on fait de ce processus de création permanente, de cette fictionnalisation du réel, une carrière ou un passe-temps défouloir, et c’est alors qu’apparaît l’écriture qui devient salvatrice.

From Paris with Love,

Louise

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J’ai eu en décembre dernier l’occasion de finir l’année en beauté, grâce à Air Caraïbes qui m’a conviée à passer une semaine idyllique en Guadeloupe, île française qui se situe dans l’archipel des Petites Antilles, entre la mer des Caraîbes et l’Océan Nord-Atlantique. Trois mois plus tard, je n’en suis toujours pas revenue, et je crois qu’une partie de moi flotte toujours quelque part là-bas, car j’y ai été tellement heureuse, que ces émotions doivent forcément être restées en apesanteur dans l’espace. De cette région du monde, je ne connaissais qu’une partie du Mexique, et aussi partais-je en totale néophyte, avide d’en savoir plus sur cette culture qui d’une certaine façon fait partie de notre paysage culturel et que pourtant nous connaissons si mal. Ce que j’y ai trouvé sur place m’a bouleversée, et voilà pourquoi mon cœur restera longtemps attaché à cette île et son archipel, à ses paysages spectaculaires et parfois sauvages, de cette façon si pure et néanmoins si forte qu’elle vous empoigne par le fond de l’âme, mais aussi aux moments que nous y avons passés, et qui me seront difficile à décrire car le domaine du sensible se transforme un véritable casse-tête lorsqu’il s’agit de le retranscrire. Plus qu’une belle expérience, je peux dire que ce voyage m’a recentrée, j’ai ri, je me suis émerveillée, je me suis tue dans la contemplation, mais surtout, j’ai été extraordinairement heureuse. A l’instant où j’écris ces lignes, j’essaie d’en retrouver les sensations, et les souvenirs impressionnistes, celui du paréo collé de sable dans lequel je m’enroulais, béate et abrutie de soleil, pour me pelotonner dans un coin de la voiture et voir la nature défiler en passant ma vie en revue, silencieuse car perdue dans une intense réflexion. Celui de la bruissante intensité qui se dégageait de cette cascade de Petit-Bourg sur laquelle la nuit tombait, et qu’autour la forêt toute entière semblait vibrer d’une puissance millénaire et inconnue de nous; lorsque je levais les yeux vers les éclats de ciel qui perçaient à travers les arbres vertigineusement hauts, je me croyais au centre d’un cyclone. Celui du bonheur enfantin de pouvoir se jeter tout habillée dans l’eau salée de la plage de la Petite Anse, qui était bleue-grise comme les nuages dont le ciel s’était soudainement orné, et d’où perçaient royalement des trouées de lumière qui donnaient tout son sens au mot « sacré », et de se glisser toute nue dans la mer fraîche et caressante des Saintes, où la couleur était aussi reine que le soleil  était roi.

Avant de commencer ce récit, un petit rappel d’histoire est nécessaire, car celle de la Guadeloupe a connu de nombreux et douloureux bouleversements. Aux environs du IIIème siècle avant Jésus-Christ, l’île était occupée par un peuple d’amérindiens, les Arawaks, qui étaient originaires d’Amazonie. Au cours des siècles qui précèdèrent l’arrivée des premiers colons espagnols, ils furent peu à peu chassés et exterminés par les Caraïbes, autre peuple amérindien provenant du Vénézuéla. En 1493 puis en 1496, Christophe Colomb et ses équipages posèrent pied sur la Grande Terre, qu’il baptisèrent Guadelupe, en référence à la vierge de le Guadalupe. Comme l’île ne possèdait pas d’or, les espagnols se montrèrent moins sanguinaires qu’en Amérique du Sud, d’autant plus que les Caraïbes sont un peuple très belliqueux. Ils délaissèrent progressivement l’île, mais laissèrent place à un autre envahisseur, bien plus brutal hélas : la France, qui extermina quasiment tous les caraïbes et arawaks restant. Comme si cela ne suffisait pas, ils commencèrent à y emporter des milliers d’esclaves à partir de la seconde moitié du 17ème siècle, et l’horreur de la traite négrière se mit en place. J’y reviendrais plus bas, avec la visite du Mémorial ACTe. Ensuite il y eût un grand nombre de guerres d’orgueil, l’Angleterre, la France et les Pays-Bas se disputant la possession de cette île, symbole de la folie des hommes. En 1794, l’esclavage fut aboli, mais rétabli par Bonaparte en 1802. Il fallut donc attendre la révolution de 1848 pour qu’il soit enfin définitivement aboli, mais les conséquences de siècles de colonisation inhumaine furent lourdes à porter.

Ce voyage fut une fête, et ce dès le départ car la compagnie Air Caraïbes fêtait jour pour jour les quinze ans de son premier vol en direction des Antilles, et nous étions ainsi conviées à venir célébrer cet anniversaire, qui se déroulait d’ailleurs sur tous les vols de cette journée du 12 décembre. Air Caraïbes est une compagnie française qui existe depuis l’an 2000, et qui se spécialise depuis sa création dans les vols transatlantiques, à départ de Paris Orly et en direction des îles qui entourent la mer des Caraïbes, en particulier les Bahamas et les Antilles. C’est LA compagnie de référence pour les vols en Martinique ou en Guadeloupe, et d’ailleurs à bord les annonces sont faites en français, mais aussi en créole. Nous avons embarqué en classe Caraïbes, qui est l’intermédiaire entre la classe Soleil et la classe Madras, en premium economy donc. Le service à bord était très satisfaisant, d’une part parce que le personnel était adorable, et d’autre part car l’on y était très bien reçu, avec de la place, des bons films, et sur un écran large, une couverture, un oreiller, une trousse contenant divers nécessités, en somme, tout ce qui permet de passer un vol en étant serein.

Et puis, voyager à bord d’un avion en fête c’était quelque de chose d’assez incroyable, et surtout de complétement inédit ! D’habitude, j’ai tendance à enfiler mon masque, mes boules quies et mon turban après le plateau repas-film, mais cette fois je me suis prise au jeu et je dois dire que je me suis bien amusée. L’atmosphère était festive sans que cela soit trop intrusif, et c’était vraiment impossible de ne pas rentrer dans l’ambiance, car à chaque heure des prix étaient gagnés par les passagers, on se serait cru dans une tombola géante, c’était drôle ! J’ai même lâché mon film pour participer au bingo, c’est dire. Et à la place du traditionnel plateau repas, ce fut un vrai déjeuner d’anniversaire qui nous fut servi, avec mignardises, champagne, et même un gâteau spécialement créé pour l’occasion par le pâtissier Christophe Michalak. Ce genre de choses n’arrive juste jamais dans un avion, où au contraire l’atmosphère est souvent être froide ou stressante, et je crois que tout les passagers sont arrivés vraiment heureux en Guadeloupe, détendus même, ce qui pour sûr conditionne instantanément à passer un bon séjour. Effectivement, je n’avais même pas mis un pied à terre que j’étais déjà séduite !

Une fois arrivées à Pointe-à-Pitre, il fait trente degrés (apparemment c’est à peu près la même température toute l’année, le paradis !) et nous sommes un peu étourdies d’être là, mais surtout trop contentes de pouvoir enfin nous débarrasser de nos gros manteaux d’hiver. A l’aéroport, nous rencontrons Lionel, notre @karudrive national qui sera notre guide et chauffeur, et nous lui posons tout de suite des milliers de questions sur l’île et son histoire. Mais d’abord, qui est ce « nous » auquel je vais référer tout au long de l’article ? C’est un groupe iconoclaste et déjanté composé de Sophie, notre accompagnatrice, et de cinq blogueuses dont moi, qui sont plutôt dans ce que l’on étiquette de manière un peu simpliste comme le blog maman. Car plus encore, ce sont surtout des photographes, des voyageuses, des décoratrices, des écrivains, des as du DIY, bref, des filles passionnées, créatives, et absolument géniales ! Dans ce groupe il y avait Marjolaine (marjoliemaman), Marjolaine encore (Mamourblogue), Cécile (Ciloubidouille) et Caroline (VoyageFamily). Grâce à elles, il n’y eût pas un seul temps mort dans tout le séjour, mais au contraire, des milliers de discussions passionnantes, même pour celles qui n’y participaient pas, des tonnes de blagues crasses, beaucoup de bienveillance, de l’entraide, et une positivité totale. La sororité, la vraie. Quel que soit le moment de la journée, il y avait forcément une grande conversation quelque part qui était en cours, c’était très stimulant ! Nous avons appris à nous connaitre de cette manière intense durant ces quelques jours, et je pense que l’on peut désormais  dire que l’on se connait toutes vraiment bien, ce qui est assez rare et émouvant. D’ailleurs à la fin, j’étais désorientée de me retrouver seule, comme s’il me manquait quelque chose.

Après notre arrivée, nous avons posé nos valises à l’Auberge de la Vieille Tour, qui se situe au Gosier, la troisième grande ville de la Guadeloupe. L’hôtel, un moulin du XVIIIème siècle reconverti en pension quatre étoiles, est paradisiaque. Il y a des meubles anciens, des planteurs à siroter sous le porche de bois clair, et devant la mer qui s’étend en bleu azur et à perte de vue, une brise légère et pleins d’animaux, des poules, des iguanes, un chat…Oh, et le bruit des oiseaux ! Passer de Paris à ça, c’est tout simplement merveilleux. Les chambres sont grandes, lumineuses, et pour une fois je n’y étale pas trop de choses, car je veux me sentir libre, et dépaysée.

Après une promenade sur la plage privée de l’hôtel, qui me fais baver d’envie, nous décidons de sortir explorer la ville du Gosier, et sa célèbre plage de la Datcha. En chemin, nous croisons un vendeur de lambis, qui est une sorte de mollusque très apprécié, et assez luxueux apparemment, dont la conque en camaïeu de rose psychédélique est à tomber par terre. Impossible de ne pas penser à mon amie Yasmine, qui adore cette esthétique ! Malheureusement, il est interdit d’en ramener, sauf pour ceux qui sont percés, j’ai donc pu en trouver un sur une plage. La Datcha est un lieu convivial, il y a beaucoup de familles, des groupes de jeunes, c’est une excellente façon de goûter à l’atmosphère guadeloupéenne. Première baignade, Paris est définitivement oubliée.

L’avantage du jetlag, c’est que l’on peut se réveiller très tôt, et ainsi voir le soleil se lever. Au Gosier, les levers et couchers de soleil sont spectaculaires, car ils irradient sur la mer. Ce sont des moments précieux, ces petits matins où la nature peu à peu  se met à bruisser, et où l’on savoure le temps de ne pas se presser, puisqu’il est si tôt. J’adore prendre mon petit-déjeuner quand il n’y a presque personne, et là, face à l’océan, c’était exceptionnel. Et puis, j’aime particulièrement cette alimentation de fruits frais, de poisson arrosé de jus de citron vert et de sauce chien, le fameux condiment local qui est relevé à souhait. Je suis une folle de piments, et autant vous dire qu’en Guadeloupe j’étais au septième ciel, c’était même une running joke durant le séjour, car mon opiniâtreté à en mettre de tonnes dans mon assiette faisait sempiternellement marrer les gens. Je pourrais me nourrir de ce genre de repas toute ma vie. Ils me manquent affreusement.

Récemment, en lisant le livre de Marie Billetdoux, Femme prenant plaisir à ces fureurs, j’ai retrouvé un passage qui m’a fait penser à mes nuits en Guadeloupe. Bien que l’action se situe en Martinique, les impressions en sont les mêmes : « c’est aussi que le rose du ciel commence à poindre derrière les lamelles de bois et à éclairer son bureau, que ses petits amis si actifs tout à l’heure sous la lampe se sont dispersé ou endormis, que battements d’ailes, bourdonnements, zézaiements, hululements, coassements de ceux qui veillaient ont cédé la place aux appels, babils, saluts, cocoricos, aboiements, criailleries de ceux qui s’éveillent (…) ». Et les petits amis de la nuit, pour le coup ce sont vraiment les grenouilles, vous seriez surpris de la puissance sonore que de si petit êtres peuvent avoir, du genre alarmes de voiture ! Au début, c’est un peu déroutant, et les boules quies sont utiles, mais peu à peu on s’y fait et au bout des deux nuits, ça fait même totalement partie du paysage, on n’y prête plus attention sauf quand ça s’arrête et là, étrangement, on en vient à le regretter, ce pépiement aigu qui décore tant l’espace. Les nuits en Guadeloupe sont des véritable voyages sonores, c’est incroyablement particulier, mais très attachant.

Première étape de cette seconde journée à Grande-Terre, avec le cimetière de Morne-à-l’Eau. Il est dix heures du matin et il fait déjà très chaud. Autant vous dire que le lendemain, je ne prendrai plus la peine de me maquiller le visage ni de m’onduler les cheveux, car avec la température et l’humidité, rien ne tient et c’est pas plus mal. Le cimetière, construit sur une colline naturelle, s’ouvre en amphithéâtre des deux cotés de la cime, et offre ainsi un fabuleux panorama sur l’ensemble. Mais ce qui est le plus remarquable, c’est bien sûr le projet décoratif, car chacune des 1800 tombes est recouverte de carrelages en damier, qui sont dans la grande majorité des cas noirs et blancs, mais affichent aussi parfois des tonalités plus tendres. Certains sont entièrement monochromes, mais tous respectent la règle des carrés de faïence. On pense tantôt à une robe vichy, tantôt à une salle de bain, tantôt à un jeu d’échec, en somme, c’est tout sauf une nécropole ! Je n’ai jamais vu ça de ma vie, c’est impressionnant, émouvant, et surtout très vivant. Je remarque que comme dans certains pays d’Europe de l’Est, de nombreuses bougies colorées sont posées sur les tombes, signes que ce sont des lieux de vies où viennent se recueillir les familles. C’est moins mortifère que chez nous !

D’où vient ce code de décoration unique ? Sur ce point, les avis divergent et les légendes sont nombreuses, aussi est-il est difficile de le savoir avec certitude. Certains disent qu’il s’agit de l’union de la vie et de la mort, d’autres de celle de la couleur du deuil en Afrique, le blanc, et de son pendant européen, le noir, et d’autres pensent qu’il s’agit simplement d’une fantaisie qui aurait donné naissance à un effet de mode. En tout cas, il semblerait que les première tombes, qui datent du milieu du XIXème, aient été construites par des descendants de colons (des « békés »), car les esclaves n’avaient malheureusement pas les moyens de s’offrir une sépulture. Cela a heureusement changé, et aujourd’hui, c’est toute la population qui est représentée ici.

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