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Les théologiens luthériens, pour qui la présence du Christ dans la Cène ne dépend pas de la dignité ou de la foi des communiants, ont affirmé que le Christ n'était pas présent dans la Cène des Églises qui ne croient pas à cette présence.
Cette dernière considération semble paradoxale ; en effet, si la présence du corps et du sang est annulée pour ceux qui ne la conçoivent pas correctement, comment affirmer plus longtemps la manducation par les impies ?

Certes, on pourra rétorquer que la présence objective, entrainant la manducation par les impies, dépend de la foi publiquement affichée par une Église à ce sujet. Mais cette opinion entraine beaucoup de difficultés, car les positions n'ont pas toujours été clairement tranchées (et ne le sont parfois toujours pas). Par exemple: l’Église de Ratramne de Corbie avait-elle une Cène réelle ou non? Une Église unioniste a-t-elle une vraie Cène ou non? Ou encore, lorsque les Strasbourgeois signèrent la concorde de Wittenberg, leur Cène devint-elle plus vraie pour le peuple présent là-bas, et ce malgré le fait qu'on accusa plus tard ses pasteurs (dans la Solida Declaratio) d'avoir été fourbes ?...

Il est vrai qu'on peut invoquer, à l'appui de la thèse luthérienne, un exemple semblable : c'est que le baptême conféré dans des sectes anti-trinitaires est réputé nul.
Néanmoins, il existe ici une différence majeure : les sectes anti-trinitaires nient le mystère sur lequel est fondée la foi baptismale (c'est-à-dire la Trinité : Matthieu 28. 19). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ces sectes ne sont pas simplement dépourvues du vrai sacrement, mais aussi et surtout du Salut. 
Mais de leur côté, les symbolistes (sauf s'ils sont ariens ou autres semblables) ne nient pas le mystère dont procède le sacrement - c'est-à-dire : le mystère de l'Incarnation (Matthieu 26. 26). Pour que leur Cène soit tout à fait comparable au baptême des anti-trinitaires, il faudrait que leur religion soit le nestorianisme, voire le docétisme (et dans ce cas, tout comme dans celui des anti-trinitaires, c'est leur âme autant que leur Cène qui serait vide du Christ).

En d'autres termes, il ne semble pas tout à fait pertinent de comparer une erreur sur le sacrement et/ou la manière dont il agit, avec une erreur (ou un déni) sur la Révélation que scelle le sacrement. Autrement, en raison de leurs opinions tout aussi symbolistes concernant le baptême, il paraîtrait nécessaire de déclarer que les baptistes n'administrent pas non plus un vrai baptême, etc. ce qui est exclu même par les réalistes les plus fervents.

Sans cautionner l'erreur symboliste ni vouloir la tolérer, il est semble donc permis de s'interroger sur les conclusions extrêmement sévères que certains ont cru pouvoir en tirer, et considérer plutôt que toute Église qui garde la foi chrétienne (Révélation du Dieu Trinité dans le Verbe fait chair, mort et ressuscité pour le Salut de quiconque croit ; bref: Jean 3. 16, le Credo...), lorsqu'elle s'assemble pour célébrer le repas du Seigneur (en gardant les paroles de l'institution et son usage), bénéficie de la présence de celui-ci, quand bien même ses pasteurs n'en saisiraient pas toute la richesse et n'en parleraient pas de façon satisfaisante.


Bucerian
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Congrégations, synode et œcuménisme

Au XVIe siècle, l'appel d'un Luther ne consistait pas à réclamer la création de son Église particulière, mais à convoquer un concile libre et général permettant la réforme tant réclamée en Occident, dans la paix et le bon ordre. Le refus obstiné de l'épiscopat obligea les réformateurs et leurs successeurs à mettre en œuvre différents "plans B" improvisés dans les circonstances les plus troublées. De là se sont cristallisées des dénominations a priori irréconciliables, mais qu'un retour à l'initiative originale, sous la bannière du seul Credo de l’Église de toujours, permettrait sans doute (on l'a vu) de neutraliser.
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Resteraient alors les congrégations, ou Églises locales; et avec ces congrégations, le régime dit congrégationaliste qui fut déjà esquissé par le jeune Luther (*) et dont la légitimité biblique et historique est incontestable (cf. Texte de Lima: Baptême, Eucharistie et Ministères: III. 26).
Néanmoins, le congrégationalisme dont il est question ici - qui reconnaît l'autorité de l'assemblée -  ne saurait être confondu avec l'isolationnisme (Proverbe 24. 6). D'ailleurs, s'il convient que toutes les assemblées confessent la même foi par le même Credo, c'est bien pour leur permettre de cheminer ensemble (le mot "synode" vient du Grec "sunodos": sun/avec, et: hodos/route). Il ne s'agirait pas de créer des "commissions" d'experts et autres rassemblements de délégués chargés de piloter "l’Église" ou de parler en son nom tels des membres d'une curie, mais, par exemple:


  • Permettre la participation (et donc: affirmer la reconnaissance mutuelle) des pasteurs voisins à l'installation des pasteurs nouvellement élus par leurs assemblées - comme le veut un antique usage;
  • être ainsi le moyen d'une inspection mutuelle et fraternelle pour s'assurer qu'aucune nouveauté ne s'infiltre dans la foi des Églises;
  • œuvrer à la mise en commun des moyens d'évangélisation devant permettre l'établissement de nouvelles assemblées.
     
Enfin, puisque les Églises locales sont l’Église du Christ en tel ou tel lieu, et puisque ces assemblées orthodoxes entretiendraient désormais un lien de charité sur la base de leur (confession de) foi commune (le Symbole de Nicée-Constantinople), toute célébration liturgique commune avec des Églises et ministres réfractaires à l'orthodoxie (œcuménisme) serait proscrite. Idem pour la participation à des organisations plus inclusives, telles que la Fédération Protestante de France.
De même, il ne serait pas possible d'ouvrir l'hospitalité eucharistique aux personnes membres de communautés religieuses extérieures.

A suivre...


Bucerian



 ______________________________

(*)  M. LUTHER, Œuvres, tome IV, Qu’une assemblée ou communauté chrétienne a le droit et le pouvoir de juger toutes les doctrines, d’appeler, d’installer et de destituer des prédicateurs, Labor et Fides, Genève, 1958, p. 84.



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La vanité, d'ordinaire, n'affiche-t-elle pas une invincible résistance à toutes les forces de la vérité?
St Augustin, La Cité de Dieu, VI. 1.




On célèbre cette année les cinquante ans d'un exploit extraordinaire : l'homme a marché sur la lune!
Mais comme l'a si bien formulé James Irwing (le huitième homme a avoir réalisé l'exploit) : « le plus important n'est pas qu'un homme ait marché sur la Lune, mais que Dieu ait marché sur la Terre dans le corps de Jésus-Christ ».

Pourtant, il se trouve des esprits suffisamment tordus pour nier le fait humain, et il s'en trouve bien davantage pour demeurer réfractaires au fait divin. 

Les premiers invoquent de prétendues incohérences (drapeau qui flotte dans le vide spatial) et surtout de prétendues preuves scientifiques (les négateurs savent évidemment toujours mieux, y compris que la Nasa) afin tout nier en bloc : non seulement le fait historique, mais encore sa possibilité théorique (ceinture de Van Allen, etc.)
Devant la nécessité d'expliquer l'évènement qui n'aurait pas eu lieu, apparaît finalement la théorie du complot : braves gens, les puissants ont inventé toute cette histoire pour vous abuser et, ainsi, mieux vous dominer ! (*)

D'une façon tout à fait semblable, les négateurs antichrétiens prétendent soulever quantité de prétendues incohérences (généalogies du Christ) et surtout des "preuves" philosophies (sinon scientifiques) afin de tout nier en bloc : non seulement (pour les plus fantaisistes) l'existence historique de Jésus-Christ, mais encore la possibilité théorique de l'existence de Dieu (paradoxe de l'omnipotence, etc.)
Devant la nécessité d'expliquer les faits qu'ils nient, apparaît finalement la théorie du complot : braves gens, les puissants ont inventé cette histoire pour vous abuser et, ainsi, mieux vous dominer! (cf. Cicéron, De la nature des dieux, I. XLII, 118).


Comble de l'imposture: après tout cela, ce sont les chrétiens qui sont finalement accusés de logique complotiste!

Il n'y a sans doute rien à répliquer devant l'esprit maladivement amoureux de la négation des faits les plus évidents. L'expérience prouve que la foi en un complot ourdi par des puissances occultes (et manifestement omnipotentes), est immunisée contre la vérité. Reste la prière pour que celui qui ne veut pas voir (et qui est ainsi pire qu'un aveugle) soit délivré de ses chaines. Et, en attendant ce jour bienheureux, témoigner de la vérité en exposant notamment les raisons inavouables pour lesquelles celle-ci est rejetée...


Bucerian


______________________

(*) Le schéma de cette négation de l'évidence fondée sur la paranoïa peut se reproduire sur toutes les questions. Il y a ainsi des gens pour croire à l’inexistence de la bombe nucléaire. Motif de l'invention? Faire payer des impôts aux braves gens...

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Quelles annexes?



Si des commentaires ou précisions peuvent être officiellement adjoints au Credo pour démasquer les hérésies, l'expérience, la sagesse (ainsi que la règle de notre foi) nous obligent néanmoins à rappeler que cela ne peut arriver que sous certaines circonstances, et à certaines conditions.
En effet, de nombreuses dénominations ont cru que la doctrine de l’Église devait évoluer,  ou progresser et qu'il leur appartenait (en vertu de leur immense discernement!) d'opérer les "mises à jour" dans le catalogue des croyances chrétiennes. Ces groupes retranchaient ainsi de facto nombre de fidèles qui ne partageaient pas leurs nouvelles perspectives et formulations doctrinales. Mais cette vision du progrès, toute bouffie d'orgueil, ouvre la porte des Églises aux hérésies, répand les schismes et débouche sur la plus navrante confusion.

Ce n'est donc qu'à de rares occasions historiques, lorsqu'elle fut mise en danger de mort par une doctrine (ou un ensemble de doctrines) émanant d'autorités ecclésiastiques dont la voix pouvait avoir des conséquences redoutables, et ce sur des articles touchant au cœur de la foi, que l’Église chrétienne a précisé (et non pas changé) son propos. On peut donc dire que l’Église a alors agi en état de légitime défense devant des ennemis déclarés de la foi - et non pas pour exclure abusivement des personnes mal affermies.

Ces témoignages et apologies (ainsi que le consensus durable que ces annexes ont rencontré de la part des Églises et des docteurs chrétiens), sont donc davantage le fruit de circonstances providentielles que d'intentions humaines.
A ce jour, on peut compter ces annexes sur les doigts d'une main:

  • Le concile d’Éphèse, tenu en 431 contre les thèses christologiques de Nestorius, patriarche de Constantinople, et celles de ses complices pélagiens (au chapitre sotériologique). Dans le sillage de ce concile, se tint le 2e concile de Constantinople, en 553.
  • Le concile de Chalcédoine, tenu en 451 contre les thèses christologiques de Dioscore, patriarche d'Alexandrie. Contre une hérésie dérivée de celle-ci, et soutenue un temps par l'ensemble des cinq patriarcats de l'antiquité, se tint plus tard le 3e concile de Constantinople, en 681.
  • L'assemblée d'Augsbourg, en 1530, où fut défendu l’Évangile du Christ contre les thèses de la papauté romaine et de ses courtisans - au moyen d'une célèbre Confession qui (fait unique!) a été reçue par l'ensemble du protestantisme ("Luthériens", "Réformés", "Hussites"), surtout à partir de 1536, lors de la Concorde de Wittenberg.
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On sera donc prudent en restant aligné sous la bannière du Credo commun (Nicée-Constantinople) et de s'en tenir aux précisions susmentionnées, pour délimiter les frontières visibles de la bergerie du Seigneur et y maintenir le bon ordre.

A suivre...

Bucerian


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Ce matin, Monsieur Vincent Lambert, qui était lourdement handicapé, est décédé du fait de la privation volontaire d'éléments essentiels à la vie (eau, aliments), suite à un acharnement à le considérer en situation de (légume en) fin de vie, voire comme déjà mort.

Pour rappel, en 2015, les juges dissidents de la CEDH avaient conclu à ce sujet que:

(...) Après mûre réflexion, nous pensons que, à présent que tout a été dit et écrit dans cet arrêt, à présent que les distinctions juridiques les plus subtiles ont été établies et que les cheveux les plus fins ont été coupés en quatre, ce qui est proposé revient ni plus ni moins à dire qu’une personne lourdement handicapée, qui est dans l’incapacité de communiquer ses souhaits quant à son état actuel, peut, sur la base de plusieurs affirmations contestables, être privée de deux composants essentiels au maintien de la vie, à savoir la nourriture et l’eau, et que de plus la Convention est inopérante face à cette réalité. Nous estimons non seulement que cette conclusion est effrayante mais de plus – et nous regrettons d’avoir à le dire – qu’elle équivaut à un pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu’ici offerte aux personnes vulnérables.

Nous ne pouvons qu’approuver ce constat, voire d'autres affirmations plus sévères, formulées par des personnes que l'on ne pourra pas qualifier de "catho intégristes" (ainsi qu'il a été fait durant ces dernières années, pour discréditer le point de vue des personnes qui défendaient la vie de M. Lambert).

Du reste, pour nous chrétiens, cette affaire doit évidemment être l'occasion de prier pour les proches de la victime, mais aussi de raviver notre foi (pour rester victorieux devant les discours séducteurs par lesquels on veut gagner notre adhésion à ces pratiques); souvenez-vous donc, chrétiens, que nous avons un Dieu qui ne nous a pas "parachuté" dans le monde par hasard, ni à son insu, mais volontairement, avec soin et intérêt. Avant même (bien avant!) que nous ne puissions penser, alors que nous n'étions "qu'une masse informe", Dieu connaissait et se souciait des détails de la vie de chacun.
De là, souvenons-nous que ce Dieu saura nous rappeler à lui et couper le fil de notre existence terrestre, où et quand il le jugera bon:

Quand je n'étais qu'une masse informe, tes yeux me voyaient ; Et sur ton livre étaient tous inscrits Les jours qui m'étaient destinés, Avant qu'aucun d'eux existât (Psaume 139. 16).
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Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux (Matthieu 10. 29-31).

Sachons donc faire confiance à notre Dieu, notre Père tout-puissant en Jésus-Christ, par l'Esprit saint.
Amen.
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Objection contre la suffisance du Symbole de Nicée



Si le Symbole est suffisant, on devrait recevoir ceux qui le professent. Or, nous ne recevons pas les hérésiarques qui, à l'instar de Nestorius, Pélage, Eutychès ou encore le pape de Rome, reconnaissent l'autorité de ce Credo.
Donc, il semble que le Symbole ne soit pas suffisant pour dire la vraie foi.

Réponse:
Bien que ces égarés se targuent de révérer le Symbole de foi de l’Église universelle (et donc d'en professer la doctrine)celui-ci leur est textuellement contraire:

  • Contre Nestorius, le Symbole affirme un seul Seigneur.
  • Contre Pélage, il affirme que l'Esprit saint crée (et non seulement propose) la vie.
  • Contre Eutychès, le Symbole souligne l'incarnation du Verbe divin.
  • Contre le pape de Rome et sa "seconde planche de salut" pour les baptisés ayant fait "naufrage", le Symbole n'admet que le seul baptême pour la rémission des péchés.
Ce sont ces choses que les conciles œcuméniques suivants ont, non pas ajouté au Symbole, mais qu'ils ont trouvé dans le Symbole et qu'ils ont simplement mis en exergue (par exemple, avec les lettres synodiques de Cyrille, le tome de Léon à Flavien, etc.) 
C'est en ce sens (et en ce sens uniquement!) que le Symbole peut être flanqué par des textes symboliques annexes ; c'est-à-dire : pour être réaffirmé et développé et non pas pour créer de nouveaux articles soi-disant découverts depuis la rédaction du Credo, et avec lesquels les chrétiens devraient "mettre à jour" leur catalogue de croyances (ce qui est impossible: Jude 3).

Ainsi, si un hérésiarque reçoit le Symbole par ses lèvres, cela ne veut pas dire que le Symbole ne le condamne pas, ou qu'il ne traite pas de l'article salutaire (et bibliquement établi) que conteste l'hérésiarque. Tout texte produit pour confondre l'égaré ne peut servir à démontrer et défaire ses astuces.

A suivre... 

Bucerian


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L'écueil prétériste


Avant d'ouvrir le dernier chapitre du Credo concernant les choses dernières, un point doit être souligné avec force: l’Église chrétienne est dans l'attente du retour du Seigneur et de la fin de toutes choses. Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer les grotesques lourdeurs développées par certains dans le chapitre eschatologique. Pire encore est l'erreur inverse, soit la négation de toute attente, négation qui fut apparemment ébauchée en leur temps par Philète et Hyménée (2 Timothée 2. 15-19) et qui est théorisée de nos jours par le courant "prétériste", en particulier le prétérisme dit intégral.

Selon ces enseignements, toutes les prophéties bibliques seraient déjà accomplies : aucune fin du monde ne serait donc plus à attendre, puisque le Seigneur et ses apôtres n'auraient fait qu'annoncer la fin tourmentée du monde... de l'ancienne alliance ! L'an 70 de notre ère et la destruction du temple seraient ainsi la seule chose annoncée dans les prophéties, notamment dans le livre de l'Apocalypse que l'on présume avoir été rédigé avant l'an 70 - et tant pis si les plus anciens écrivains (tel Irénée) assurent que l'ouvrage fut composé 20 ans plus tard environ... Enfin, il n'y aurait même pas à attendre un retour physique du Seigneur, puisque (selon les règles de cette logique), celui-ci aurait en fait eu lieu, lui aussi, il y a bien longtemps... 

On pourrait résumer une telle idéologie comme ceci : Avant nous le déluge ! Toute autre opinion est jugée "fataliste" et "pessimiste". Apparemment, le chrétien du XXIe siècle a besoin d'un horizon plein d'espérance qui ne le cantonne pas à l'inaction (lui aussi veut croire qu'il sauvera la planète en triant ses ordures ménagères! ^^)
Les conséquences d'un tel regard sont dramatiques: l'antichrist, les persécutions, l'apostasie étant eux aussi derrière nous, pourquoi s'y préparer?... Le monde ne peut-il pas aller que mieux? Si un homme paraît et amène "la paix et la sécurité" devant une humanité ébahie, ne sera-ce pas simplement quelque chose de formidable méritant presque qu'on l'adore?...

Or il est sans doute vrai que la destruction du temple en 70 de notre ère a été un évènement préfigurateur et comme une répétition générale du jour dernier. Pourtant, ce jour ne se réduit pas à ces évènements passés, mais il reste à venir (pour une explication plus détaillée de ces questions, cliquez ici).
Et cela ne doit pas nous conduire à la paranoïa que manifestent certaines personnes adeptes de calculs insensés sur le jour et l'heure, ou désireuses de trouver le "chiffre de la bête" dans le nom de chaque nouveau président ; cela doit simplement nous garder éveillés (car le Seigneur revient!) et conscients que nous ne sommes en ce monde que des étrangers; car, assurément, le monde présent n'est pas plus amis de Notre Seigneur que ne l'était le monde d'hier.
Bucerian
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Pour quelle raison le Symbole est-il réputé suffisant?




La précédente partie a permis d'établir que l’Église indivise de l'antiquité n'avait officiellement qu'une seule confession de foi : le Symbole de Nicée-Constantinople.

A la question de savoir pourquoi ce Symbole devrait être jugé suffisant, l’Église ancienne a donné la réponse suivante: car il donne un enseignement parfait sur le Père, le Fils et le Saint-Esprit et il expose l'Incarnation du Sauveur à ceux qui la reçoivent avec foi (concile de Chalcédoine, 5e session).
Connaître le vrai Dieu dans le Verbe Incarné, par la foi : de quoi pourrions-nous avoir besoin de plus?

"La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ" (Jean 17. 3).

Aujourd'hui, la Trinité est souvent considérée comme un accessoire fourni d'office dans le "package" de la foi chrétienne et que l'on reçoit donc systématiquement (parfois avec embarras) sans bien comprendre pourquoi. Bien des âmes sont même si peu regardantes de ce dogme qu'elles répètent volontiers le lieu commun (pourtant ô combien faux!) selon lequel juifs, chrétiens et musulmans auraient le même Dieu. Après avoir traité une telle question avec si peu de diligence (comme s'il s'agissait d'un menu fretin!) on disserte en revanche sur le nombre de langues qu'un chrétien est censé parler, sur l’État-nation qu'un chrétien est censé soutenir sur la scène géopolitique, ou sur l'âge minimum requis pour pouvoir être ajouté à l’Église!

C'est pourtant bien à la foi trinitaire, révélée dans l'Incarnation, que l’Église est initiée jusqu'en chacun de ses membres, au moyen du baptême (Matthieu 28. 19) et de la Cène du Seigneur (Matthieu 26. 26, ss). Ces deux mystères, tels les deux colonnes d'airain du temple de Salomon (1 Rois 7. 13-22), sont ainsi le cadre par lequel doit passer notre foi pour joindre le temple de Dieu et être bénis de sa Présence.
Cette foi, telle qu'exposée dans le Symbole, résume la connaissance du Dieu véritable et du médiateur qui nous unis à Lui en nous sauvant de nos péchés. C'est la foi nécessaire à vie dans la prière et suffisante, on l'a vu, à la félicitée éternelle!

Or il faut souligner ici que, non seulement ce Symbole est suffisant, mais que les articles qu'il résume sont aussi nécessaires ; que serait en effet la célébration d'un baptême ou de la Cène sans une foi commune aux participants?
Ce serait, ou bien un rite superstitieux (l'accomplissement du rite apportant, de facto, la faveur d'une divinité inconnue) ou bien un rite purement social (le rite permettant d'entretenir une convivialité séculaire, malgré la pluralité des opinions). Rien de tel ne serait un sacrement chrétien, et c'est pourquoi la foi et sa confession ont toujours été au coeur de ces rites (cf. Actes 8: 36-37) que Melanchthon définissait, à juste titre, comme les liens des assemblées publiques.

A suivre...
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Quel dénominateur commun? 


Chaque dénomination contemporaine affirme être la plus fidèle héritière de l’Église indivise des premiers siècles.  

Or, cette Église antique n'a jamais reconnu d'autre résumé officiel de sa foi que le texte appelé "Symbole de Nicée-Constantinople". Selon elle, ce "Symbole" ou "Credo" ne doit jamais être changé, d'autant qu'il est a priori suffisant pour exprimer toute la foi salutaire. 

Ainsi: 
 La profession de foi des trois cent dix-huit Pères réunis à Nicée en Bithynie, ne doit pas être abrogée, elle doit conserver toute sa force (Concile de Constantinople, canon n°1 sur le Symbole de Nicée). 

De même:  
Le saint concile a décidé qu'il n'est permis à personne de professer, d'écrire ou de composer une (confession de) foi autre que celle définie par les saints Pères réunis à Nicée, avec le Saint-Esprit. (Concile d’Éphèse, 6e session sur le Symbole de Nicée). 

De même:
Or donc, pour une connaissance complète et une confirmation de la religion, il eût suffi de ce sage et salutaire Symbole de la grâce divine (...) Pour cette raison, (...), le saint et grand concile œcuménique, aujourd'hui présent, enseignant la doctrine inébranlable prêchée depuis le commencement, a défini qu'avant tout la confession de foi des 318 Pères devait demeurer en dehors de toute atteinte.
Et il ratifie l'enseignement transmis sur la substance de l'Esprit par les 150 Pères réunis plus tard dans la ville impériale à cause de ceux qui combattaient contre l'Esprit saint (...)
(Concile de Chalcédoine, 5e session, sur le Symbole de Nicée-Constantinople).

Enfin:
Le présent saint et œcuménique concile inspiré de Dieu a mis son sceau au Credo qui a été mis en avant par les 318 Pères, et encore religieusement confirmé par les 150, et qui a aussi été cordialement reçu et ratifié par les autres saints synodes, pour la suppression de toutes les hérésies destructrices des âmes.
De sorte que:
(...) il n'est permis à personne de proposer une autre confession de foi, c'est-à-dire de l'écrire, de la composer, de la méditer ou de l'enseigner à d'autres. Quant à ceux qui oseraient composer une autre confession de foi, diffuser, enseigner, ou transmettre un autre Symbole à ceux qui veulent se convertir du paganisme, du judaïsme ou de quelque hérésie que ce soit à la connaissance de la vérité (...) s'ils étaient évêques ou clercs, ils seraient exclus, les évêques de l'épiscopat et les clercs du clergé; s'ils étaient moines ou laïcs, ils seraient frappés d'anathème.
(3e Concile de Constantinople, 18e session, sur le Symbole de Nicée-Constantinople - et ses précisions).

Il est vrai que l’Église ancienne admettait que des assemblées (conciles) composent extraordinairement des arrêts pour préciser (et, en réalité, réaffirmer) ce Symbole. C'est d'ailleurs ce que firent les conciles cités précédemment. Mais ceux-ci n'ont en aucun cas abrogé, ni remplacé (ou relégué à une deuxième place) le Symbole qui est la seule confession publique, irréformable et a priori suffisante de la foi chrétienne.

N.B. : De nos jours, les dénominations classiques reçoivent toujours ce Symbole; souvent, elles le mentionnent dans leurs confessions de foi particulières. Mais ce Credo n'est clairement plus LE Credo. Il ressemble plutôt à une sorte de vestige, implicitement jugé bien peu consistant, voire insignifiant, que l'on conserve telle une pièce de musée pour attester de son lien avec l'antiquité...
Au chapitre symbolique (c'est le cas de le dire!) c'est là un changement du "centre de gravité", qui ne peut que pérenniser les antagonismes et qui obscurcit assurément l'unanimité du témoignage de foi que les saints doivent rendre devant le monde.

Toujours est-il que le propos du Symbole est évidemment le dénominateur commun dont il a été question dans la première partie, et qu'il serait convenable (pour voir en elles les filles de la communion antique) que toute Église rende sa place fondamentale au Symbole.

En plus de rendre son sens à l'idée que "Ce qui nous sépare est plus grand que ce qui nous divise", ce retour aux fondamentaux constituerait un cadre idéal pour discuter des points de discordes et vider les controverses en faveur de la vérité.

A suivre...

Bucerian
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Constats et démarche
 

Il existe actuellement un chapelet de dénominations plus ou moins attachées à leurs confessions de foi respectives, lesquelles sont à leur tour plus ou moins fidèles aux Écritures... ça fait un peu désordre!

Généralement, ces dénominations se reconnaissent mutuellement comme chrétiennes et cherchent même à se rapprocher, au sein de structures plus larges, comme la Fédération Protestante de France ou encore le Conseil National des Évangéliques de France. Pour finir, leurs membres expriment volontiers une intuition commune, selon laquelle "Ce qui nous unis est plus grand que ce qui nous sépare".

Mais, concrètement, que veut dire cette affirmation?...
Si ça veut dire que, dans le fond, aucune doctrine n'a d'importance, le risque est de faire naufrage dans le libéralisme - libéralisme dont le principe est justement que "La foi est plus importante que les doctrines (surtout si elles sont orthodoxes, ndlr)".
Évidemment, le libéralisme est une imposture intolérable (2 Jean 7-11), et l'on voit dans quel état de ruine cette imposture a plongé les dénominations qui lui ont accordé une place en leur sein.

Si l'intuition que "Ce qui nous unis est plus grand que ce qui nous sépare" veut dire, au contraire, qu'il existe un ensemble doctrinal commun à toutes les dénominations classiques, et que cet ensemble est d'un poids infiniment plus lourd que les opinions particulières qui les fragmentent, alors, il convient d'identifier soigneusement ce dénominateur commun et de le garder, lui seul, dans une confession de foi commune (ce qui aurait pour effet d'abolir les dénominations dans leur principe - chose qui ne serait pas un mal, puisque l'idée de dénomination apparaît en soi étrangère aux Écritures).

Quant à cette confession commune, il conviendrait ensuite de ne jamais la relativiser ; car, chercher à effacer cette balise distinguant la vraie foi des interprétations dégénérées que certains osent faire de la Bible, c'est finir par n'être plus unis par rien du tout et par voir ainsi l'organisme de l’Église sombrer dans la décomposition.

Bucerian

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